KWS : comptes rendus de lecture sur la Science-Fiction

Doris Lessing : Mara et Dann

(Mara and Dann, 1999)

roman de Science-Fiction

chronique par Noé Gaillard, 2002

par ailleurs :

Trentième titre publié en français par la vieille dame — elle est née en 1919 — chez divers éditeurs — et nième fois qu'elle pioche côté SF pour faire passer son message.

Ici nous sommes dans une Afrique qui subit une énorme sécheresse. Une ethnie qui eut son heure de gloire et que les guerres ont décimée ne possède plus que deux derniers descendants royaux (Mara la fille, et Dann le garçon), qui sont sauvés puis laissés sous la protection d'une femme. À la mort de celle-ci, Mara part avec Dann vers le Nord. Dann a fait une partie de son apprentissage seul, mais fait toujours le même type de cauchemar à propos d'individus doubles.

La lente montée vers les territoires du Nord, de l'autre côté de ce qui reste de la Méditerranée, permet de découvrir les ethnies qui survivent et d'affronter des monstres qui subissent eux aussi la chaleur croissante et le manque d'eau. Mais progressivement, on découvre qu'avant cela existait et rayonnait une civilisation bien plus avancée sur le plan technique et qu'elle s'est effondrée. Enfin, après bien des misères et des plaisirs, Mara et Dann finissent par s'arrêter et participer à une petite communauté qui se constitue autour du principe du Candide : il faut cultiver son jardin. La référence à Voltaire se retrouve aussi dans un certain enchaînement des épisodes qui fait que l'on passe d'un passage heureux à un négatif, d'un où l'on se perd à un autre où l'on se réunit, et l'on peut imaginer que l'épisode où nos héros voyagent dans les airs correspond à celui de l'Eldorado, ou le préfigure. De plus, chacun a un compagnon ou une compagne, comme Candide et Pangloss…

Qu'est-ce qui, en dehors du simple nom de l'auteur, pourrait donner de l'intérêt à ce livre ? Les civilisations croisées ? Elles n'ont rien de franchement original. Les rapports entre les personnages ? Ils sont simplistes. Les gadgets ? Eux non plus ne sont guère originaux. Tout cela laissera le lecteur de SF sur sa faim, même si cela séduit l'amateur occasionnel ou le lecteur qui ne perçoit pas le genre. Pour ma part, je dirais que ce qui fait un des grands intérêts du roman, c'est le jeu/apprentissage ou l'apprentissage/jeu auquel se livre Mara, le “qu'as-tu vu ?” qui oblige à la description de ce dont on parle et qui débouche sur une compréhension du monde parce que l'on s'est posé des questions sur lui. Essayez, vous allez voir !

Noé Gaillard → Keep Watching the Skies!, nº 41-42, janvier 2002

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