KWS : comptes rendus de lecture sur la Science-Fiction

Jean-Claude Dunyach : le Clin d'œil du héron (Nouvelles – 8)

nouvelles de Science-Fiction, 2016

chronique par Noé Gaillard, 2017

par ailleurs :

Ne vous fiez pas à l'illustration de couverture. Malgré toutes ses qualités graphiques et de couleurs, elle ne rend pas compte du contenu et souligne à peine le titre choisi pour ce huitième recueil de nouvelles du même auteur chez l'éditeur.(1) Ce n'est pas, comme on aurait pu s'y attendre, la suite de l'Instinct du troll, dont on ne soulignera jamais assez toutes les qualités. Cette suite est en cours de peaufinage. Et quand on connaît le perfectionnisme de l'auteur, cela prend un certain temps.

Ici, sept nouvelles et comme il se doit une inédite, au cas où vous seriez en possession des supports qui ont accueilli les autres. Comme toujours avec Jean-Claude Dunyach, l'intense qualité des textes rend difficile un classement des nouvelles. Et surtout, après lecture du recueil — d'une traite et dans l'ordre —, vous vous apercevez que c'est plus une impression qui vous reste à l'esprit qu'un texte ou un autre. Comme si le héron passait avec vous la porte et vous offrait une perspective de fuite sur les ailes emportées pour rejoindre les souvenirs et vous projeter en privé une vue intérieure de Dieu. Étrange : en jonglant avec les titres, j'ai presque donné un classement — le mien — mais rien ne vous empêche d'en adopter un différent. Si vous lisez le recueil au compte-gouttes, lentement, nouvelle après nouvelle, toutes vous seront également réussies. Si vous lisez d'une traite, peut-être serez-vous moins accroché par les deux qui peuvent être vues comme manquant un peu d'originalité : "le Lieu où tout se croise" et "les Ailes que j'emporte" ; pour ce qui me concerne, celle qui est la plus réussie c'est "Dieu, vu de l'intérieur". Justesse du ton et des personnages.

Sans coup férir, avec parcimonie, Jean-Claude Dunyach poursuit son petit bonhomme de chemin. Et la rareté de ses textes le rend précieux. Elle peut aussi, je crois, faire en sorte qu'une fois lu ce Héron vous ayez envie d'en relire un ou deux pris ailleurs au hasard… juste pour confirmer une vague impression de mélancolie. Du genre douce qui se soigne par l'humour. De quoi apprécier vivement l'auteur qui nous apporte un remède à ladite mélancolie.

Noé Gaillard → Keep Watching the Skies!, nº 79, janvier 2017

Une version sensiblement différente de cette chronique est parue sur le site Daily Passions!.


  1. la Station de l'Agnelle, Dix jours sans voir la mer, Déchiffrer la trame, les Nageurs de sable, le Temps, en s'évaporant & Séparations & les Harmoniques célestes.

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